La ville aujourd'hui

Ces 3 projets d'aménagement de villes belges, en cours d'étude, répondent à la nécessité de repenser les villes à partir des valeurs fondamentales d'un environnement naturel en lien direct avec la vie en société.


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La source

Ce qui, hier, faisait la fierté de Seraing, est devenu aujourd’hui désolation, pollution, méfiance, paupérisation. La ville s’est développée dans la seule perspective de l’industrie et de la production. Aujourd’hui, elle se retrouve dans l’inversion des fonctionnements par l’absence de toute considération de la vie de la cité. Étouffée par les bâtiments industriels qui dominent le sol et le ciel, la ville présente des espaces résiduels obligeant les habitants à s’adapter à la domination des nécessités de production…qui n’existent plus. Luc Schuiten présente un réaménagement de la rue piétonne où l’eau tient une place centrale, tel un cordon qui, le long de son écoulement, évoque la présence d’une vitalité naturelle. A partir de quelques rochers sous un bouquet d’arbres, une source jaillit au milieu de la rue et poursuit son cours dans un ruisseau bordé de graminées et de fleurs sauvages. L’eau circule en circuit fermé grâce à une pompe alimentée par des capteurs solaires placés sur le toit d’un immeuble proche.

L'arbre évoqué

Dans le tunnel qui passe sous la rue de la Loi à Bruxelles, Luc Schuiten a imaginé un décor d’inspiration végétale car, en ce lieu hostile, rien de naturel ne peut pousser. Afin de marquer le passage piétonnier et de cadrer la perspective, des arbres en métal jalonneront la traversée du tunnel et serviront de support à des points lumineux pour éclairer le passage. Les parois latérales du tunnel seront recouvertes de céramiques évoquant les feuillages. Ces céramiques ne comporteront que la représentation stylisée du feuillage de l’arbre, son tronc et ses branches se trouvant de l’autre côté du trottoir. Ainsi le piéton pourra appréhender ces deux éléments essentiels constituant un arbre, décomposé en deux plans différents, d’une façon qui rappelle le cycle saisonnier de celui-ci. A distance, le promeneur apercevra des arbres complets, dans une vision latérale à partir du trottoir d’en face. Le plasticien proposé pour ce travail est Jacques Weemaels.

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Les berges de la rivière

Pour se développer durablement, les habitants de la ville de Verviers veulent préserver le lien essentiel entre l’homme et la nature. Fleuves et rivières, véritables couloirs de vie au travers des agglomérations modernes, constituent un atout majeur pour réussir ce défi.

Aujourd’hui, Verviers, capitale wallonne de l’eau, se voit menacée par l’implantation d’un centre commercial de 30.000m² le long de sa rivière fondatrice : la Vesdre. Luc Schuiten choisit de réagir et propose un nouveau regard sur l’aménagement de ce cours d'eau. Des passerelles piétonnes permettent l’accès aux rives et à des espaces de verdure où des tipis et des structures en saule tressé offrent des endroits de rencontre au milieu de vastes parterres de multiples graminées sauvages. Une roue à aubes remonte l’eau de la rivière pour alimenter un ruisseau qui s’écoule ensuite à l’intérieur d’un jardin boisé puis, en de multiples méandres, alimente des mares de part et d’autres de la passerelle pour terminer sa course dans la Vesdre. Des plages se situent sur les rives inondables où se marque la modification du paysage au moment des crues. De nombreux emplacements réservés aux cafés-restaurants sillonnent les berges. Dans cette zone protégée où les jardins et les espaces de rencontre deviennent le poumon de la ville, des parkings sous-terrains évitent la présence des voitures.

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A ce jour, un des 16 projets d'aménagement des chancres de Bruxelles, a été réalisé ; la Place du Jardin aux Fleurs. Un autre est en phase de réalisation, la Cascade. De dernier est un exemple d'écologie urbaine tant pour sa conception que pour sa réalisation. La chute d'eau provient de la récupération des eau pluviales. Elle est alimentée par des pompes fonctionnant à l'énergie solaire. Plus il fait beau, plus la cascade coule de haut. L'amas rocheux n'imite pas la nature, il l'évoque par l'utilisation de dalles de trottoirs récupérées, le seul "matériau naturel" de la ville. La mise en place de ce parement sera réalisée par une équipe de travailleurs provenant d'agences locales pour l'emploi.

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Quand Luc Schuiten aménage des sites nouveaux, sa préoccupation première est de comprend l'identité écologique et culturelle des lieux et de la magnifier en une nouvelle éco-modernité.

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Projet de péage de l'autoroute de Normandie A 29 : le vaste portique qui l'enjambe rappelle lest charpentes des fermes normandes ancestrales avec des bâtiments en colonbage cernés par des doubles alignements rectilignes de hauts ormes et hêtres. A l'antipode d'une architecture "objet" au design international, labarrière annonce l'identité de la région traversée et se réfère à son terroir. Les bâtiments administratifs trouvent leur inspiration dans les particularités des falaises voisines du pays de Caux, avec leurs étonnantes strates horizontales constituées de bandeaux de pierre calcaire, alternant avec des bandes de silex noir. La toiture ondulante et verte est faite d'un tapis de graminées diverses qui rapelle celui des pâturages qui couvrent les falaises.

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Copyright Luc Schuiten - Atelier d'Archictecture Schuiten